que j'aime à la folie de la passion absolue et éternelle
jusqu'à la nuit des temps et même après...
................Gaëlle, une adolescente de seize ans, va passer en terminal. Et avant d'atteindre les premiers mois de cette année difficile, elle part avec ses deux cousines : Marina et Aurélie, dans un coin de la campagne qui a l'air perdu mais où se retrouve, d'une année sur l'autre, plusieurs jeunes. Elle adore ses cousines mais étant plus vielles qu'elle de cinq et six ans, les deux jeunes femmes n'ont pas toujours les mêmes conversations ou les mêmes focalisations.
Gaëlle est une fille plutôt renfermée, qui n'avait pas beaucoup confiance en elle et qui n'osait pas dire ce qu'elle pensait. Pourtant, nombreuses étaient les choses qu'elle aurait voulu révéler et surtout à son petit copain : Aleck. Ils sortent ensemble depuis six mois et tout le monde croit que c'est l'amour fou entre les deux adolescents mais pour Gaëlle, c'est loin d'être le couple parfait ! Car même si elle l'aime de tout son c½ur, il y a pleins de petits détails qui, en s'accumulant, deviennent de gros problèmes. Mais elle ne dit rien, elle se tait et de toute façon même lorsqu'elle qu'elle trouve le courage d'avouer certaines chose, rien ne change...
Et en arrivant dan ce coin de campagne, elle était bien décidé à l'oublier un petit peu, à faire la fête et à faire de nouvelles rencontre qui sait ?
En posant le pied en dehors de la voiture, Gaëlle fut émerveillée par la beauté de l'endroit. Il y avait quelques maisons, de grands jardins, un lac recouvert d'un coté par de nombreux saules pleureurs et des centaines de fleurs différentes...
Pendant que Marina et Aurélie partirent dans l'une des maisons avec leurs bagages, Gaëlle alla, elle, près du lac. Elle y resta quelques minutes sans dire un mot en pensant à toutes mes choses présentes dans sa vie et qui ne vont pas forcément très bien comme sa famille, ses amis et surtout Aleck.
C'est alors qu'une voix la sortit de ses pensées :
- Bonjour.
Gaëlle se retourna et vit un magnifique jeune homme, elle répondit d'une voix douce :
- Bonjour.
- Je m'appelle Daniel, mais tout le monde me nomme Dany. Tu es nouvelle ici ?
- Oui, je m'appelle Gaëlle. Je viens juste d'arriver, mais je ne reste que deux ou trois jours.
- Enchanté Gaëlle. Au fait, demain soir, on organise une soirée, j'espère t'y voir.
- Je viendrais.
- OK, bon bah à demain.
- A demain.
Et Daniel partit en laissant l'adolescente à ses rêves cachés. Elle était toute excitée, elle aurait voulu en parler à quelqu'un mais elle n'avait personne à qui se confier et ses deux cousines se moqueraient d'elle, elles ne comprendraient pas. C'est vrai après tout : ce garçon lui avait parlé, aller quoi ? Trente secondes ! Et pourtant elle s'était sentie attiré vers lui comme jamais elle ne l'avait été par Aleck. Elle se dirigea alors vers la maison en refoulant toutes ces nouvelles émotions à l'intérieur.
Elle se réveilla en sursaut vers une heure du matin et comme elle n'arrivait plus à s'endormir, elle partit près du lac. Même en pleine nuit il était sublime. Les étoiles s'y reflétaient et la Lune semblait tout de même s'imposer dans cet océan de petites lumières scintillantes. Gaëlle s'assit dans l'herbe légèrement humide et médita une fois de plus en écoutant une musique triste dans son mp3 : Ti amo de Umberto Tozzi. C'était sa chanson préférée. Elle adorait être seule en écoutant cette forte mélodie remplie d'amour et d'incertitudes, se poser et réfléchir. La musique s'arrêta et elle sentit tout à coup une présence derrière elle. L'adolescente s'inquiéta un peu mais ne se retourna pas. Elle enleva les écouteurs de ses oreilles et se concentra plus attentivement. C'est alors qu'une couverture fut posée sur ses épaules et son dos, elle se mit à paniquer et se retourna brusquement en faisant tomber la couverture à terre. Mais à son grand soulagement, elle reconnu Daniel.
- Tu m'as fait peur !
- Excuse-moi mais je t'ai vu partir dans cette tenue, très belle d'ailleurs, dit-il en souriant. Et comme je ne dormais pas non plus, je suis venu. Je me suis dit que l'on pouvait faire connaissance.
- Ha d'accord, bah il n'y a pas grand-chose à dire tu sais ; j'ai seize ans, je vais passer en terminal L et... et voilà.
- Moi, j'ai dix-sept ans. Je prépare mon entrée à l'Université, je viens d'avoir mon bac S.
- Et tu as une copine ? Demanda-t-elle.
- ... Oui... Elle s'appelle Laëticia.
- T'as pas l'air contente de parler d'elle dis donc !
- Ouais, je sais, dit-il en haussant les épaules et en poussant quelques soupirs. C'est que... je commence à en avoir marre d'elle en fait.
- Vous êtes ensemble depuis combien de temps ?
- Depuis deux ans.
- Ha oui d'accord, je te comprends. Déjà que pour moi, au bout de six mois, j'en ai marre alors...
- Comment il s'appelle ? Demanda-t-il.
- Aleck, il a lui aussi seize ans.
- Et ce n'est pas l'amour fou non plus ?
- Bah non en fait, mais je n'ose pas rompre, j'ai peur de la réactions de nos amis.
- Tu sors avec Aleck pour tes amis ?
- Au début non, mais maintenant oui...
- Gaëlle, écoute : tu fais ta vie et tu suis ton c½ur, pas celui des autres.
- ...Ouais, t'as raison mais c'est dur.
- Je comprends.
Ils discutèrent comme cela pendant deux heures avant que Daniel la raccompagne dans sa maison et devant la porte de sa chambre. Soudain, il lui prit la main et lui fit un tendre baiser. Gaëlle se sentit transporté par des millions de petits frissons. Jamais elle n'avait éprouvé une telle sensation avec Aleck. Puis il partit et l'adolescente alla se coucher mais n'arrivant point à s'endormir.
Elle passa la journée avec Marina et Aurélie dans la ville la plus proche pour y faire les magasins mais elle ne cessait de penser à Daniel bien qu'elle se répétait sans cesse que c'était de la folie : il avait déjà une copine et elle aussi d'ailleurs. Ils ne se verraient qu'une ou deux fois par ans mais quelque chose d'inexplicable l'attirait vers ce bel adolescent. De plus, la soirée, cette soirée, la rendait de plus en plus nerveuse. En rentrant chez elle, elle apprit une nouvelle qui la bouleversa encore une fois : la fête allait finalement se dérouler dans sa maison.
Elle passa près de deux heures à s'habiller, se coiffer, se maquiller... Enfin, tout ce que font la plupart des adolescentes pour paraître jolies.
Au fur et à mesure que les minutes défilèrent, le stress de Gaëlle augmentait. Elle avait décidé de descendre dans le grand salon lorsqu'elle aurait eu la certitude que Daniel s'y trouvait déjà. Elle entendit alors sa voix en bas de l'escalier, il parlait avec d'autres garçons qu'elle ne connaissait pas. Son c½ur battait encore plus vite, ne sachant comme elle pouvait le calmer, se calmer. Elle se regarda une dernière fois dans le miroir et apparut en haut de l'escalier.
La scène était encore plus magique que dans les contes de fées. En effet, à ce moment là, la musique changea. C'était une douce mélodie mais qui dégageait pourtant une force surprenante. C'est alors que Gaëlle commença à descendre la première marche et que Daniel, lui, leva les yeux et s'arrêta de parler subitement tellement la beauté de la jeune femme l'éblouissait. Ce fut comme si le temps venait de se figer. Il n'entendait plus rien, il ne voyait plus rien à part cette apparition émanant du ciel.
Gaëlle avait lâché ses longs cheveux bruns qui s'arrêtaient au milieu de son dos. Forme d'un dos nu sensuel grâce à une robe rouge que portait merveilleusement bien la jeune femme. Ses yeux marron brillaient de mille feux et sa peau resplendissait de pureté.
Daniel en resta bouche bée. Il reprenait peu à peu ses émotions pendant qu'elle descendait gracieusement les marches de cet escalier mais il ne pouvait à peine bouger. Et lorsqu'elle arriva presque en bas, il réussi à tendre sa main vers elle qui déposa, avec une délicatesse indescriptible, se douce et petite main.
- Tu es... somptueuse..., souffla-t-il à l'adolescente.
- Merci...
Elle était extrêmement contente de l'effet qu'elle avait produit après ces deux heures de préparation mais quelque chose ou plutôt quelqu'un vint troubler ce moment se surprise, de beauté et d'émotion. Laëticia, la petite amie de Daniel, arriva derrière lui et lui fit un bisou dans le cou. Ce fut comme si on poignarda Gaëlle en plein c½ur. Elle regarda le jeune homme et partit rejoindre ses cousines tandis que lui, il faisait comme d'habitude avec sa copine, il faisait semblant.
Notre adolescente passa la soirée à regarder Daniel et en s'approchant de lui le plus possible, elle essayait de savoir de quoi il parlait, lui, sa copine et leurs autres amis. En écoutant Laëticia, Gaëlle se sentait très mal, elle avait l'impression de n'être rien à coté d'elle, elle se sentait diminuée sans savoir pourquoi. La petite amie de Daniel ne faisait pas attention à l'adolescente mais ce dernier si. Il se sentait attiré vers elle. Il aurait voulu lui parler d'avantage, la faire rire, la prendre dans ses bras, être seule avec elle comme la nuit dernière,... Il voyait très bien qu'elle en avait marre de cette fête où elle était seule et qu'elle n'arrivait pas à s'intégrer. Lui aussi d'ailleurs, il n'en pouvait plus de tous ces gens autour de lui et de sa copine en train de les féliciter pour ces deux ans de bonheur et d'amour. « Mais qu'est ce qui en savent, eux ? » Se disait-il sans cesse.
Soudain il vit Gaëlle dans les escaliers en direction du premier étage. Il attendit quelques minutes et monta lui aussi, disant à Laëticia qu'il devait aller aux toilettes.
Il chercha celle, dont il disait que la beauté de son visage n'égalait aucune autre fille, dans toutes les pièces de l'étage et l'aperçut enfin dans une chambre qui n'appartenait à personne.
Elle était de dos, regardant à travers la fenêtre et jouant avec ses cheveux qu'elle avait ramenés sur ses seins. Elle sentait sa présence sans qu'elle n'eu besoin de se retourner. Son c½ur se remit à battre de plus en plus vite surtout quand Daniel ferma la porte mais elle ne fit aucun geste. C'est alors qu'il s'approcha et qu'il prit la parole :
- Tu en as marre ?
- De quoi ? De cette fête où personne ne me parle, où personne ne fait attention à moi ? Alors, oui j'en ai marre.
- Moi, j'ai fais attention à toi.
- Mais tu étais trop occupé à faire semblant d'être heureux. C'était pathétique.
Gaëlle, toujours de dos, s'emportait un peu mais elle pensait qu'elle n'avait rien à perdre après tout. Autant tout dire, de toute façon, ils n'allaient jamais se revoir.
- Excuse-moi, reprit-elle finalement d'une toute petite voix.
- Non, tu as raison. Je suis pathétique d'être avec elle, je suis pathétique de faire croire que je suis heureux et je suis pathétique de ne pas exprimer ce que je ressens vraiment.
L'adolescente commença à paniquer. Qu'allait-il dire ? Une chose qui regretterait dès le lendemain matin, et pourtant une chose si gentille, mais une chose qu'elle ne voulait pas entendre... Daniel s'avançait de plus en plus vers d'elle. Il souleva doucement sa main mais la rebaissa immédiatement. Qu'allait-elle penser ? Qu'elle s'abandonnerait à lui comme ça ? Qu'elle dirait « Ho oui, moi aussi, je t'aime ! » ? Il ne savait plus quoi faire, plus quoi penser.
Il réussit néanmoins à poser sa main sur l'épaule de l'adolescente. Cette dernière frissonna comme jamais et ce fut pire quand il descendit lentement sa main pour finir sur sa hanche. Elle posa ses deux mains sur celle de Daniel pendant que lui, il commença à lui faire de tendres baisers dans le cou... Gaëlle s'abandonna à cette infusion d'amour et de sensualité, elle se retourna, le regarda et ferma les yeux lorsqu'il l'embrassa passionnément.
Ils s'embrassèrent éperdument tandis que l'adolescent lui caressait les hanches et le bas du dos. C'est alors que Gaëlle se dirigea vers le lit. Daniel la suivit et ils continuèrent à s'embrasser.
Les caresses et les baisers jaillissaient. Ils se retrouvèrent presque nus tous les deux. Mais elle voulait et lui aussi. Alors ils firent l'amour dans la tendresse la plus absolue.
Ce n'était pas la première fois pour la jeune femme, elle l'avait déjà fait deux ou trois fois avec Aleck, mais jamais, non jamais, elle n'avait eu autant d'émotions dans cet acte aussi merveilleux.
Ils passèrent la nuit à s'observer, à s'embrasser et s'endormirent inconsciemment. Daniel ne pensait plus à Laëticia et se s'inquiétait même pas de l'excuse qu'il devrait lui fournir pour son absence.
Lorsqu'il se réveilla le lendemain matin, il ne la vit pas. Il regarda partout dans la chambre, mais rien, strictement rien. Peut-être était-elle repartie dans sa chambre avec ses cousines pour en pas attirer l'attention ? Il se rhabilla en vitesse et couru à la chambre de sa bien-aimée. Il frappa et ce fut Marina qui lui ouvrit.
- Tiens salut Dany. Ca va ?
- Oui, dis-moi Gaëlle est là ?
- Gaëlle..., heu non... Elle est repartie en train ce matin, elle a dit qu'elle voulait rentrer immédiatement. Pourquoi ? Tu voulais lui dire quelque chose ? Je peux lui dire si tu veux.
- ...Partie... Heu non, merci Marina, j'dois y aller, à plus tard.
Cette nouvelle fut comme un éclair déchirant son c½ur. Il ne pouvait pas se résoudre à ne jamais la revoir surtout après ce qui s'était passé entre eux. Il pensait qu'il était amoureux, que jamais il ne pourrait retrouver une fille aussi magnifique et aussi extraordinaire, que... jamais... Non, il ne s'en remettait pas.
Il passa la journée assis dans l'herbe devant le lac. Il ne parla pas à Laëticia et elle ne lui demanda rien. Le soleil commença doucement à se coucher mais le jeune homme ne bougeait toujours pas. Puis, il mit ses mains dans ses poches et sentit quelque chose, une feuille de papier. Il la prit et la déplia. Il sentit alors les larmes lui monter aux yeux lorsqu'il la lit :
Daniel, sache que jamais je n'avais ressenti quelque chose de si intense avec un autre garçon, que jamais je n'avais aimé personne d'autre que toi de cette manière et que jamais je n'avais passé une telle nuit... Mais je suis partie et tu dois sûrement te demander pourquoi. Pourquoi faire un tel acte alors que je t'aime ? Tout simplement car tu sors avec Laëticia et que je n'ai pas envie de devenir la briseuse de couple, que l'on ne pourra pas se voir aussi souvent que l'on voudra, que... c'est impossible entre nous deux, impossible...
Mais je t'en pris, ne cherche pas à me retrouver, se serait trop dur, je ne pourrais pas...
Gaëlle...
Des sanglots le prirent et il ne put s'arrêter. Elle l'aimait ! Comment pourrait-il vivre avec cette idée qu'elle était peut-être, sûrement même, la femme de sa vie ?
Gaëlle, elle, était dans le train, la tête posée contre la fenêtre et écoutait en boucle Ti amo, sa chanson préférée, mais une chanson qui lui faisait penser à Dany...
Nos deux adolescents ne se revirent jamais bien que les souvenirs étaient bien là, eux. Tous les deux étonnèrent leurs amis en rompant avec leur amour fou, mais après tout, qu'est ce qu'ils en savent, eux ?
