................Je savais qu'il avait accepté pour me faire plaisir mais qu'au fond de lui il aurait nettement préféré rester seul avec moi au lieu de se retrouver aux cotés de tous mes amis qu'ils ne connaissaient pas.
Edouard vit nous ouvrir la porte, je lui fis la bise et je fis les présentations entre lui et mon petit ami. On entra et je guidai Chris dans l'immense maison de mon ami. On arriva dans le salon où mes autres copains étaient installés. Ils se levèrent en me voyant arriver et à tour de rôle, je leur ai dit bonjour et en présentant Chris. C'est alors que l'on arriva devant Grégory.
- Salut Greg, ça va ?
- Bien et toi ?
- Ça va. Je te présente Chris...
- Enchanté Chris. Alors c'est toi qui nous as prit notre petite Célia ?
- Comment ça « petite » ? Rappliquai-je en riant. Je te rappelle que j'aurais seize ans dans six jours !
- Oui, c'est vrai. Viens Chris, assieds-toi.
- Merci, dit-il en me regardant.
On commença à parler de tout et de rien : des vacances, du lycée, des cours de danse, de piano, d'équitation, de chant..., bref, toutes nos activités lorsque le sujet bascula sur les amours et bien sûr, les premiers regards se portèrent sur nous deux. Moi, je me contentai d'observer Jeanne, qui était assise au fond du canapé et qui ne parlait pas. Je savais très bien qu'elle ne vivait pas si bien cette rupture bien qu'elle dise le contraire. Mais je fus tiré de ma réflexion par Alix, une fille très gentille mais qui avait des vues sur Grégory.
- Alors comment sa se passe vous deux ? Demanda-t-elle.
Chris me regarda avec un sourire forcé et gêné. Il ne voulait pas vraiment parler mais il s'était quand même détendu à la suite de toutes les discussions qu'il y a eu au sein de notre petit groupe (petit groupe de douze personnes). Donc je décidai de prendre la parole et de répondre très simplement à cette question.
- Tout va très bien. Tu sais Alix, ça ne fait que trois jours donc on va voir comment évolue les choses mais pour l'instant c'est le bon...
- C'est le bonheur complet, me coupa Chris, un sourire aux lèvres, égal au mien.
- Mais c'est génial tout ça ! S'exclama Alix.
- Et toi tu habites où ? Demanda Timéo.
- J'habite à Saint-Denis...
Je percevais sa honte dans le ton de la réponse qu'il venait de fournir. C'est vrai qu'après tout, il étai le seul gars à venir du 93 alors que nous autres, nous habitons tous dans le quinzième ou dans le seizième arrondissement de Paris.
- Ne t'inquiète pas, reprit Timéo. On peut comprendre que ce n'est pas facile de venir comme ça ici, entouré de gens que tu ne connais pas mais sache que l'on s'en fiche d'où tu viens, ce qui compte, c'est que tu rendes heureuse notre Célia.
- Merci, c'est gentil à vous. Je vous avoue que je n'étais pas vraiment à l'aise mais ce que tu viens de me dire me touche vraiment, merci.
J'avais les larmes aux yeux. Je savais l'importance de l'amitié émanant de mes amis pour moi mais ce que venais d'exprimer Timéo pour Chris me fit chaud au c½ur et je sentis tout à coup une énorme vague de soulagement pour lui et pour moi. J'ai vraiment de la chance d'avoir des amis comme ça...
Ils étaient tous si gentils avec moi. Célia a vraiment des amis géniaux ! Et Grégory aussi est sympa, on parlé tous les deux et il sait que je suis au courant pour lui et Jeanne donc ça a facilité la communication entre nous deux. Bien sûr, on a discuté de Célia et il m'a expliqué deux-trois petites choses à son sujet que je devais savoir si je voulais que ça marche entre nous. Vers dix-sept heures, je suis rentré chez moi et j'ai immédiatement envoyé des sms à Célia. Elle me manque déjà ! C'est un truc de ouf ! Mais demain, on a rendez-vous chez elle. Je suis trop pressé de la revoir !
Et c'est avec la même bonne humeur de la veille que je me rendis chez elle. Elle m'ouvrit la porte, on s'embrassa et on partit dans le salon. Je n'ai jamais vu une maison aussi immense ! Même celle d'Edouard n'est pas aussi grande ! Il n'y avait personne chez elle. Elle m'offrit quelque chose à boire et on s'installa dans sa chambre. Sa chambre à la superficie de mon salon dans mon appart... Enfin bref, j'ai dis que je ne devais pas m'arrêter à ces quelques détails. On parla et on s'embrassa lorsque l'on entendit la porte de la maison s'ouvrir. Célia commença à paniquer. Elle ne me toucha plus jusqu'à ce que l'on frappe à la porte de sa chambre. Elle dit d'entrer et je vis un homme d'une quarantaine d'années pénétrant dans la chambre en me regardant d'un drôle d'air. C'était le père de Célia que j'avais vu au parc il y a quelques jours de cela. Je n'avais jamais vu la peur qu'éprouvait Célia à ce moment là, on aurait dit qu'elle avait fait quelque chose d'horrible. C'est alors que l'homme commença à dialoguer avec elle.
- Célia, peux-tu m'expliquer ce que fais ce jeune homme ici, et dans ta chambre.
- Je peux tout t'expliquer, c'est que en fait, il s'appelle Chris, tu l'as déjà rencontré l'autre fois au parc, tu te souviens ?
Il me regarda avec insistance de haut en bas et répondit :
- Oui, je me souviens mais ce n'est pas une raison. Que t'ai-je déjà répété des dizaines de fois au sujet des garçons dans ta chambre ?
- Que c'était interdit... mais père, tu ne comprends pas il n'est pas comme les autres. Chris est un garçon gentil et on ne faisait rien. D'ailleurs, Grégory et Edouard l'ont déjà vu.
- Ha bon ? Comment ça ?
- Hier, nous sommes allés chez Edouard. Il avait réunis tous la bande pour l'après-midi et Chris été là aussi. Ils l'ont trouvés tous très gentil et ils se sont montré extrêmement sympathiques avec lui. Il l'aime bien tu sais...
- Dans quel arrondissement habitez-vous jeune homme ? Me demanda-t-il avec le regard le plus froid que je n'ai jamais vu.
- Aucun, avouais-je. J'habite à Saint-Denis...
- Vous n'habitez pas à Paris ?
- Non monsieur...
- Père ! Tu l'as dit toi-même l'autre fois quand on conversé, on ne choisi pas l'endroit de sa naissance ni les membres de sa famille.
- Bon écoute Célia, ton ami va rentrer chez lui et on va avoir une sérieuse discussion tous les deux.
- Mais...
- Il n'y a pas de mais ! Obéis.
Célia me regarda et elle me raccompagna jusqu'à la porte. Elle ne me fit même pas un baiser à la porte. Elle ferma cette dernière doucement en baissant les yeux. Je n'avais pas d'autres possibilités que celle de rentrer chez moi et de rester seul, de toute manière, je ne voulais voir personne, pas même Emeric...
- Non mais qu'est qui t'as pris de ramener ce garçon de banlieue ici ?! Me cria mon père.
- Père, je suis désolée, je ne sais pas quoi te dire à part que l'on ne faisait rien de déplacé et que Chris n'est pas un jeune qui s'associe aux bandes de jeunes de banlieues qui font des choses fortes déplaisantes pour la communauté.
- Ma fille, ma fille, ma fille... Tous les jeunes gens de sont âge sont pareils. Ils ne cherchent qu'une seule chose et plus ils sont gentils, plus il faut s'en méfier.
- S'il te plaît, laisse-moi au moins de parler d'avantage de lui, l'implorais-je.
- ... Bon très bien, vas-y, dis-moi tout ce que je dois savoir sur ce jeune homme.
- Donc, il s'appelle Chris, il a seize ans, il va passer en première L l'année prochaine. Tu as vu, c'est un littéraire, comme moi ! De plus, il fait de l'art. Il ne fait pas que de la peinture comme moi, non lui, il fait tout : dessin, peinture, pastel, fusain... et il m'a expliqué qu'il avait d'autres matériaux chez lui pour faire ses ½uvres. Il est bien... je t'assure. Et, pour te rassurer d'avantage, il ne m'a pas touché. Il n'ose pas, et de toute façon cela ne fait que quatre jours que nous avons entrepris notre relation, et je ne veux pas aller trop vite car je sais que c'est une perle rare malgré nos différences... quelques peu rémissibles.
Mon père ne disait rien et je ne savais pas ce que ce silence signifiait. Soudain, il ouvrit la bouche et la referma. Il poussa un soupir et me regarda avec ces yeux de père inquiets que beaucoup font lorsqu'ils s'aperçoivent que leur fille grandit et qu'ils doivent la laisser prendre leur envol sans pour autant ne pas toujours être derrière elle pour réparer les pots cassés. Alors, je repris la parole car je m'étais aperçue que j'avais oublié de dire une chose très importante :
- Et... enfin... tu as dû constater que je ne suis pas sortie avec un autre garçon depuis Charles, en quatrième.
- Oui, en effet.
- He bien, c'est parce que aucun des autres garçons ne m'intéressaient. Ni Edouard, ni Grégoire, ni personne pourtant beaucoup ont voulu de moi mais moi je ne voulais pas d'eux, c'était presque comme si les histoires de c½ur ne me concernaient plus. Mais depuis que j'ai posé les yeux sur Chris et depuis que l'on s'est parlé, j'ai tout de suite su que c'était lui dont j'avais besoin et que c'était avec lui que je voulais passer du temps et... peut-être que c'est avec lui que je fonderai ma vie en suivant votre exemple à toi et à Mère.
- Ecoute Célia, je veux bien te laisser sortir avec ce Chris mais tu dois me promettre, et solennellement, que tu feras attention quoi qu'il arrive et que tu me jure que ce garçon sera te défendre si jamais il y a le moindre problème.
- Je te le jure. Merci papa... merci de tout mon c½ur.
Il me prit dans ses bras puis il me regarda. Je discernai une larme qui coula lentement sur sa joue.
- Pourquoi tu pleurs ? Lui demandai-je.
- Tu m'as appelé « Papa » et cela faisait longtemps, je crois même que ce n'est jamais arrivé.
- Oui... On n'a pas l'habitude dans la famille, tu sais bien que grand-mère trouve que ce mot est d'un langage trop familier pour notre famille.
- Laisse ta grand-mère, qu'elle ne vienne pas gâcher ce moment, me dit-il en riant...
Cela faisait plus de trois heures que j'étais allongé sur mon lit, sans rien faire. Emeric m'appela et même si je ne voulais discuter avec personne, j'ai tout de même décroché.
- Salut ça va ? Me demanda-t-il.
- Mouais, on va dire ça comme ça.
- Bon écoute, Ma s½ur vient de me parler et elle m'a dit qu'elle en pinçait pour toi.
- Ha bon ?
- Ouais et elle voudrait savoir si tu voulais bien aller faire un tour avec elle pour parler et qu'elle te dise en face ce qu'elle ressent.
- Bah en fait, tu sais ce qui se passe avec Célia, donc...
- Ouais je sais mais tu m'as dit qu'il y avait quand même des petits problèmes. Au fait, comment ça s'est passé cet aprèm avec elle.
- Bah heu... j'ai pas trop envie d'en parler. Ecoute, tu dis à ta s½ur que je l'aime bien mais que je suis déjà pris. Ok ?
- Bon ok. T'es sûr hein ?
- ... Oui, je suis sûr... Désolé mon vieux, je dois te laisser salut.
- Ok, à plus.
Si je m'attendais à ça ! Bon c'est vrai qu'elle est pas mal sa s½ur mais j'aime Célia et quoi qu'il arrive, je l'aimerai toujours.
Ma mère rentra du travail et elle vint me dire bonjour en me demandant ce que j'avais fait de la journée. Je suis assez proche de ma mère alors je lui raconte mes problèmes de c½ur sans problèmes. Elle m'écouta attentivement et elle me dit de l'appeler. Après mûre réflexion, je suivis son conseil et je pris le téléphone.
Première sonnerie.
Deuxième sonnerie.
Troisième sonnerie.
Quatrième sonnerie.
J'étais prêt à raccrocher quand soudain une voix des plus enjouées répondit.
- Allô ?!
- Célia, c'est moi, Chris.
- Chris ! Je suis contente que tu m'ailles appelée. J'ai tout arrangé avec mon père. Je l'ai convaincu avec un discours des plus émotionnels. Je lui ai dit tout ce que je pensais de toi et après avoir réfléchit, il m'a donné son accord.
- C'est... génial ! J'suis trop content, si tu savais ma puce.
- Moi aussi et tu sais...
- Je t'aime ! Lui dis-je soudain.
- ... C'est vrai ?
- ... Oui, c'est vrai. Je t'aime Célia, sincèrement.
- Moi aussi je t'aime mon c½ur...
Je n'avais pas vraiment prévu de lui dire au téléphone mais je ne pouvais pas me retenir. Toutes les émotions de ces derniers jours devaient s'extirper de moi et je devais lui avouer ce que je ressentais pour elle. Peut-être, suis-je allé un peu trop vite mais je m'en fiche, il le fallait. Je l'aimais...
Après ces jours remplis en désarroi, nous nous sommes revus pratiquement tous les jours.
Célia rencontra Emeric et d'autres de mes amis ainsi que ma mère et mes frères. Tout le monde l'aima tout de suite et cela me rassura énormément.
Chris revit mes amis plusieurs fois et les choses s'améliorèrent au fur et à mesure avec mon père. Les vacances se finirent et les cours reprirent. En ce qui concerne Jeanne et Grégory, ils reprirent leur relation et elle fut des plus émouvantes (une dispute peut faire des miracles !). Mon anniversaire arriva et j'eus des cadeaux magnifiques mais le plus beau fut celui de Chris.
Je lui avais fait un portrait d'elle en noir et banc.
Et il était magnifique...
Comme toi...
On passa les deux années de lycée restantes ainsi, puis nous emménageâmes ensembles. Je fis une école d'art et lui, il poursuivit ses études littéraires pour devenir écrivain.
Nous avons eu trois enfants et notre vie fut des plus agréables...
