Suite.....................Je venais juste de finir mon cour de danse classique lorsque Jeanne m'appela. Elle m'annonça à son tour qu'elle avait rompu avec Grégory. Cette fois ci, je savais quoi dire, mais cela n'avait servi à rien, elle ne m'en laissait pas en placer une entre les «... et tu ne te rends pas compte : il ne m'appelait jamais... » et les «... non mais comment j'ai pu rester avec un mec comme lui ? » ou les « ... et si tu savais ce qu'il m'a dit... ». Si, je le savais mais je ne pouvais pas lui dire, je ne pouvais pas lui dire car elle parlait quand même de mon meilleur ami que je connais depuis la crèche. Greg avait raison : rien n'allait être comme avant maintenant, tout allait changer. Jeanne m'avait déjà dit plusieurs fois que tout avait changé depuis qu'ils sortaient ensemble : ils n'étaient plus comme avant, on aurait dit qu'ils jouaient des rôles mais qu'ils trouvaient ça normal. Ils étaient moins complices, me répétaient-elles sans cesse, elle préférait lorsqu'ils étaient amis pour certaines choses, pour certaines situations, pour certaines discussions... Mais voilà, ils s'étaient dévoilés leur amour, au début tout allait bien, c'était l'amour fou, j'étais vraiment contente pour eux et pourtant, je constatais également qu'ils regrettaient quelques fois... Et aujourd'hui, tout est fini, ils ne veulent plus se parler et moi, je vais me retrouver entre les deux... Tout va changer pour moi aussi...
- Célia, tu m'écoutes ?
- Oui, oui, lui répondis-je en reprenant mes esprits.
- Ha la la, si tu savais, si tu savais...
- Bon écoute Jeanne, je suis vraiment désolée mais je dois aller au parc excuse-moi vraiment mais là, je dois y aller. Bisous, je te rappelle ce soir, promis !
- Quoi ? Tu me plantes pour aller au par...
Jeanne n'eut pas le temps de finir sa phrase, j'avais déjà raccroché et j'étais déjà partie de mon pavillon en direction du parc situé à la limite de la capitale et des banlieues. Je marchais de plus en plus vite, je courrais même, je ne voulais surtout pas le rater... Je voulais tellement le revoir. Admirer ses yeux, sa bouche, son visage, son corps... Oula, il faut que je me calme Célia ! Mais après tout, qui peut percevoir mes pensées ? Je suis une femme non ? J'ai le droit de penser aux choses les plus... Non mais quel idiot ! J'ai dormi au point de rater le déjeuner ! Il est déjà quinze heures et je ne suis même pas habillé ! Bon, on se calme. Hop, je prends le premier tee-shirt que je vois avec mon jean d'hier : c'est parfait. Deux coups de peigne, un peu de parfum et hop hop hop, on y va. Ha non ! J'allais oublier : mon cahier.
Sur mon cahier que j'ai depuis plus d'un an, j'écris toutes mes idées, mes textes, mes nouvelles, mes poèmes, bref, tout ce qui ma passe par la tête. Et hier soir j'ai écris un petit quelque chose pour Célia mais je ne pense pas que je vais lui lire...
Une fois sortis de mon appart, je me suis mis à courir comme jamais je n'avais couru avant ! Je devais prendre le métro. Je ne voulais pas être en retard, je ne voulais pas la rater. Ce qui allait ce produire si je continuais les bourdes comme celle de ce matin !
J'arrivais à la hauteur du portail et je courais de plus en plus vite. Soudain, je la vis. De loin, certes mais j'en étais sûr, c'était elle : ses long cheveux bruns tombaient jusqu'à ses reins malgré quelques coups de vents et elle portait une petite robe blanche avec un châle bleu clair, accompagné de petites chaussures d'été, noyées dans l'herbe. Elle avait l'air de me chercher, du moins, je l'espérais. J'arrivai avec délicatesse derrière elle et m'arrêtai à quelques centimètres d'elle. C'est alors qu'elle se retourna et je vis ses yeux bleus qui m'avaient tant manqué. Elle me lança un sourire et je me senti osciller devant ces dents et ces lèvres très... sensuelles... Puis elle regarda dans la poche de mon jean.
- Tu la gardé avec toi ?
- ... de quoi tu parles ? Lui demandais-je.
- Du crayon, me dit-elle en souriant d'avantage.
- Ha ! Heu oui. Au fait, tes parents son venus me parler hier quand tu es partie.
- Oui, je sais, mon père est venu me voir pour me demander quel était ce jeune homme avec qui j'avais échangé quelques mots...
- Ha... et tu lui as dit quoi ?
- Que tu étais un artiste qui avait eu besoin de mon crayon.
- ... d'accord..., lui dis-je en rougissant un peu... beaucoup. Et ton problème avec ton ami, il s'est arrangé ?
- Oui, enfin, non. Ça te dit de venir t'asseoir près du saule pleureur ?
- Oui, bien sûr.
On se dirigeait vers l'arbre quand son portable sonna encore une fois.
Ha non, pas encore ! Vous ne pouvez pas vous passez d'elle ou quoi ? Je veux juste être avec elle pendant quelques instants, quelques minutes, quelques heures... Elle raccrocha, un peu énervée visiblement mais elle reprit son sourire en reposant son regard sur moi.
- Non, ne t'inquiètes pas, je ne partirai pas cette fois-ci. C'était Jeanne, ma meilleure amie. Elle et Grégory, mon autre meilleur ami, viennent de rompre hier et c'est d'ailleurs pour cela que Greg m'a appelé et que j'ai dû partir précipitamment.
- Ha oui, je comprends quand tu dis que ce n'est pas près d'être réglé comme histoire. Tu vas te retrouver entre les deux maintenant.
- Exactement ! Et je n'ai pas envie d'assumer ce rôle, j'en ai marre de m'occuper de tout le monde. je veux juste passer du temps avec un jeune garçon, enfin plus vieux que moi, plaisanta-t-elle, pour qu'il me raconte tout...
- Merci ! La coupais-je en pleine phrase.
- Merci pour quoi ?
- Pour mon portrait... tu peins peint très bien tu sais ?
- Oui je sais, non sérieusement, ce n'est rien, j'ai fais ça en deux temps, trois mouvements, il doit y avoir plein de chose qui ne vont pas et...
- Et moi, je le trouve superbe d'accord ? D'ailleurs c'est à moi de décider s'il vaut vingt milles euros non ?
Elle souriait, j'avais réussir à la faire rire sans me mettre la honte en tombant ou en cassant quelque chose. Elle souriait, j'avais réussi quelque chose, c'est un bon début... J'avais senti sa présence derrière moi. Je me suis retournée et je l'ai vu. Il était là, devant moi. Il me regardait, je le regardais. Nos yeux verts et bleus étaient en parfaites harmonie. Je lui ai souri et on a commencé à parler du crayon. Je lui ai proposé d'aller s'asseoir près de notre arbre et mon portable a sonné : c'était Jeanne. J'ai vu la panique dans les yeux de Chris. Mais peut être a-t-il vu que moi-même j'étais un peu énervée par cet appel. Une fois avoir raccroché, je lui ai expliqué l'histoire entre Gregory, Jeanne et moi. Il a tout de suite compris ce qui se passait, il a tout de suite compris quels seraient les problèmes. Il est incroyablement compréhensible et très perspicace ! Puis soudain, il m'a fait une grande surprise, simple pourtant, mais très belle. Il m'a remercié pour son portrait et il m'a dit que je peignais très bien. Tout le monde me dis ça mais je ne sais pas pourquoi, je sentais que de lui, c'était sincère, vraiment sincère et j'ai vu dans l'intonation de sa voix que ce présent l'avait vraiment touché. Il a fait une blague sur le prix de la peinture et on a rit. Je me sentais bien avec lui. Même si on ne se connaissait pratiquement pas, je ne ressentais aucune peur, ni aucune appréhension. Je restais simple, enfin, le plus que je pouvais... Mais Chris me rassurait et pour rien au monde, je ne serais partie, je ne voulais pas l'abandonné comme hier.
On a commencé à faire connaissance, à parler de la famille : il a deux frères, un plus grand et un plus petit. Je lui ai dis qu'il avait de la chance car moi, je suis fille unique mais il a répliqué en disant que j'avais tout ce que je voulais. C'est vrai que sur ce sujet là, il n'avait pas tord, j'ai tout ce que je veux et de plus, je le reconnais, en étant riche, la vie est bien plus facile. Puis nous sommes partis sur les cours : nous sommes tous les deux en seconde et normalement, on passe tous les deux en première L. C'est à ce moment là que j'ai vu un cahier qu'il tenait fermement depuis tout à l'heure.
- Qu'il y a-t-il dans ton cahier ? Lui demandais-je.
- Ho... heu... un peut de tout. J'écris tout ce qui me passe par la tête, toutes mes idées, toutes mes pensées...
- Et pourquoi la-tu pris aujourd'hui ?
- J'ai... j'ai écris quelque chose dedans et je voulais... te le... lire, mais...
- Mais ?
- Sa va être dur.
- Mais non, vas-y, dis-moi c'est quoi pour commencer.
- C'est un poème...
- ... un poème ? Dis-je de ma plus petite voix.
- Oui. Pour toi...
- ... bah, heu, aller ne me fais pas patienter plus longtemps, essayais-je de plaisanter.
- OK, bon bah j'y vais... Je n'avais pas du tout prévu ça comme ça ! Je ne pensais pas lui lire aujourd'hui, j'avais écris ça vite fait hier soir (enfin, ce n'est pas tout à fait vrai : j'y ai passé une grande partie de ma nuit) et ce poème était vraiment une catastrophe ! Ho mon dieu, elle va se dire que comme auteur, je ne vaux pas grand-chose et donc, que je ne vaux pas grand-chose en tant qu'homme, enfin, en tant qu'adolescent... Mais je n'avais pas le choix, elle me l'avait demandé et mon être ne pouvait rien lui refuser alors encore moins mon c½ur. Je n'osais même plus la regarder, mes yeux restaient fixés sur mon cahier.
Soudain, elle posa sa main sur mon avant-bras et d'un geste rapide comme l'éclair, j'ai relevé ma tête et je l'ai regardé dans le plus profond de ses yeux, qui pourraient rendre jaloux l'océan Pacifique... Je ne serais comment l'expliquer, mais ce fut comme si elle m'envoyait une vague d'apaisement rien que par sa main aussi douce que la soie. C'est alors qu'un étonnement courage me prit. Je me suis redressé et j'ai ouvert mon cahier à la page du poème mais en vérité je n'en avais pas besoin, je le connaissais par c½ur tellement je l'avais lu et relu. Puis, au bout de quelques instants, ma bouche s'est ouverte et les sons en sont sortis...
Depuis le moment où tu es passée à coté de moi
Mon c½ur s'est mis à demandé pourquoi.
Pourquoi, immédiatement, je ne t'ai pas regardé ?
Pourquoi, soudainement, mon c½ur s'est mis à tambouriné ?
Tu avais la grâce d'un merveilleux paysage
Et la légèreté d'un mystérieux nuage
Soudain, j'ai eu un immense courage
Pour oser, en silence, t'adresser un message
Mais ma maladresse a tout fait s'envoler
Pourtant, ça ne t'as pas empêché de m'aider et de me dévoiler
On avait à peine commencé à parlé
Que ton portable a sonné et que tu t'es volatilisée
Je suis resté sans voix en voyant mon portrait
Et je ne pouvais plus cesser de penser à notre « après »
Je suis rentré chez moi, seul avec mon c½ur
Et tu ne peux pas imaginer à quel point, il est rempli de bonheur
Et même si je n'ai jamais eu aussi peur
Je crois quand même que j'ai rencontré mon âme-s½ur...
Je crois que mon c½ur (et c'est le cas de le dire) n'a jamais battu aussi fort, mes joues étaient plus rouges que mon sang, je sentais des gouttes de transpiration couler sur mon dos et mes mains pouvaient à peine tenir mon cahier tellement elles tremblaient. De plus, j'avais l'air encore plus ridicule car je n'avais pas baissé une seule fois les yeux, je le connaissais par c½ur le poème et elle a dû s'en apercevoir. Elle a dû comprendre que j'avais passé ma soirée à l'écrire, voir ma nuit toute entière. Bref, que je n'avais pas grand-chose à faire d'autre...... Je ne pouvais plus parler. Des poèmes, on m'en avait écrit des dizaines mais aucun n'étaient si... vrai ! Au moins, j'étais sûre qu'il ne l'avait pas pris sur internet et qu'il me l'avait juste récité bêtement, non, il avait passé du temps dessus, d'ailleurs cela se voyait : il le connaissait par c½ur, il a dû le lire et le relire pour que tout soit parfait pour moi. Il y avait mis tout son c½ur et tout son talent. Jamais je n'avais réagi comme cela devant un garçon qui me faisait la cour, mais ne serait-ce pas parce que moi-même, je voulais bien sortir avec lui ? Si ! Mais c'est impossible, nous ne sommes pas dans les mêmes quartiers, même pas dans la même ville : il habite à Saint-Denis, dans le 93 et moi à Paris dans le quinzième arrondissement. On ne vit pas du tout dans le même monde. Et pourtant, il a l'air tout aussi intelligent que mes amis ou moi-même, il fait de l'art (détail important !) et il est bien plus beau que tous ceux qui ont voulu sortir avec moi.
Il faut absolument que j'en parle à Greg ou à Jeanne. Mais avant il faut que je réagisse un peu à ce qu'il vient de me dire. Non mais où ais-je la tête ? Il doit être en panique et moi, la seule chose à laquelle je pense, c'est qu'il n'est pas assez riche pour moi ! Non mais qu'elle idiote ! Bon, on se reprend et on le remercie.
- C'est... magnifique, vraiment
- Ho, tu parles, c'n'est pas grand-chose.
- Si. Et tu sais, des poèmes, on m'en a écrit des dizaines, lui dis-je, mais jamais personne ne m'avait écrit la vérité dedans. Ce n'est pas un « vulgaire » poème que beaucoup font. Non, tu as retranscrit ce qu'il s'est passé entre nous deux et je trouve ça merveilleux. Et j'ajouterais que tu es un garçon merveilleux...
Ma voix était de plus en plus inexistante. C'est à peine si j'osais parler et lui dire ce que je ressentais vraiment, car depuis longtemps, je ne m'exprimais que comme les autres le voulaient et je jouais un rôle, un rôle idiot et inutile.
Il ne parlait pas. Il me regardait mais ne disait pas un mot. Alors je me suis rapprochée de lui, je voulais lui faire un baiser pour le remercier mais au dernier moment, je me suis abstenue. Pour la première fois de ma vie, je me suis aperçue que je n'étais pas aussi forte et aussi sûre de moi que je le pansais... Alors je me suis mise à coté de lui et c'est à ce moment là que je n'ai pas très bien compris ce qu'il s'était passé mais ce fut un moment tellement magique et tellement romantique que je crois que je l'emporterai jusque dans ma tombe... Un poids énorme s'envola de ma poitrine ! Elle avait l'air contente et satisfaite finalement. Et elle mit fit très bien comprendre que mon poème lui avait fait un grand effet. J'étais heureux, autant qu'elle je crois. C'est alors qu'un silence se fit maître et qu'elle s'approcha de moi. Je ne sais pas pourquoi, mais je suis sûr qu'elle voulait me faire un bisou et je ne sais toujours pas pourquoi, mais elle s'est arrêtée en plein mouvement. Une déception comme je n'en avais jamais vécu jusqu'à maintenant me prit et c'est alors que c'est moi qui l'ai embrassé ! Moi ! Le même garçon qui n'avait pas confiance en lui, le même ado qui pensait que rien ne pouvait se passer entre elle et lui...
Un sentiment nouveau m'envahit tout à coup, un sentiment d'angoisse mélangé à celui du bonheur et de l'excitation, ce sentiment que tout le monde veut connaître au moins une fois dans sa vie, ce sentiment qui fait que tout devient différent, ce sentiment qui fait que tout devient merveilleux... ce sentiment appelé l'amour...
Je n'avais jamais senti mon être aussi sûr de lui, j'étais le même adolescent paniqué face à Célia et pourtant, je le voulais ! Je voulais ce qui était en train de se passer, je voulais l'embrasser comme jamais je n'avais eu envie de quelque chose d'autre !
Puis, un instant après, j'enlevai mes lèvres des siennes. On ouvra lentement les yeux et on se fixa. C'est incroyable : j'avais enfin pris confiance en moi et j'arrêtai de regarder mon cahier ou par terre. Et je crois même qu'à ce moment là, c'est elle qui fut le plus bouleversée, mais ça n'enlevait rien à sa beauté majestueuse. Ses yeux pétillaient d'avantage et ses joues commencèrent à rougir. Je lui adressai un petit sourire, j'essayai de faire un sourire de séducteur mais il ressemblait plus à un sourire rassurant. Je ne voulais surtout pas perdre cette confiance, inexistante chez moi pendant seize ans. Mais malheureusement, tout s'envola et j'étais même prêt à m'excuser.
- Je..., lui dis-je, d'une toute petite voix mais assez forte pour qu'elle entende.
Et c'est alors qu'elle posa son index sur ma bouche et qu'elle le remplaça par ses lèvres plus douces que la soie elle-même. Pendant qu'on s'embrassait, elle passa sa main sur mon visage et j'adorais ça ! Je ne voulais pas que ce moment finisse, je faisais tout pour qu'il s'éternise. J'aurais pu continuer à l'embrasser et à la caresser jusqu'à la fin de mes jours. Soudain, je ne sais ce qu'il m'a prit, mais je l'ai fait basculer sur l'herbe et je me suis posé sur elle, tout en continuant à l'embrasser. J'étais aux anges et rien n'aurait pu faire changer cela...La suite dans quelques temps...